Louise Gauthier (588)

À propos de l’auteure Louise Gauthier
Depuis plus d’une dizaine d’années, Louise Gauthier s’intéresse, par le biais de l’histoire de ses parents, à l’histoire militaire du Québec. Ses recherches l’ont amenée à fréquenter de nombreux auteurs, tant historiens que témoins ; à assister à divers colloques d’histoire militaire ; à parcourir les plages du Débarquement de Normandie ; à fréquenter divers musées et expositions au Québec, à Ottawa et en Normandie ; à scruter de nombreux documents des Archives nationales du Canada ; à réaliser l’enregistrement de témoignages de membres de sa famille et de vétérans de la Marine canadienne. Auparavant, tout en menant une carrière au sein de l’Institut québécois de recherche sur la culture puis de l’INRS Urbanisation, Culture et Société, elle a poursuivi des études en littérature à l’Université Laval. Son mémoire de maîtrise a fait l’objet d’une publication, La mémoire sans frontières. Émile Ollivier, Naïm Kattan et les écrivains migrants au Québec. Des articles de revues et des notices du Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec sont également à son actif.
Mon cher Clément, ma chère Margot
ISBN : 978-2-89634-017-0
Louise n’en est pas à ses premières armes puisque Le nez au vent constitue la suite d’un premier livre paru en 2008, sur l’histoire de ses parents à l’époque de la Seconde Guerre mondiale et intitulé Mon cher Clément, ma chère Margot. L’histoire d’amour et de guerre de Clément Gauthier et Marguerite Molleur (aux éditions GID).
Le nez au vent
Louise Gauthier, 
Une jeunesse à Sillery,
1945-1965. Québec. 
Les Écrits d’à côté, 2016, 300 p.
ISBN : 978-2-9815666-1-4
Le nez au vent a été édité par Les Écrits d’à côté dont, le siège social se situe à Cap-Rouge. Il est en vente dans certaines librairies comme Laliberté, Vaugeois, Pantoute, Renaud-Bray ou encore chez les éditrices par le biais du site web www.lesecritsdacote.com ainsi qu’auprès de l’auteure à
loumiche1@videotron.ca
Tél. : 418-651-9107

Journal l’Écho des Gauthier printemps été 2021 volume 27 no 1

On fait souvent d’étonnantes trouvailles en effectuant des recherches sur Internet. C’est ce qui m’est arrivé récemment. En cherchant des informations sur mes ancêtres Gauthier dit Larouche, je me suis retrouvée sur le site du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ). Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir dans leur collection deux portraits représentant mes arrière-grands-parents, Ovide Gauthier et son épouse Célina Villeneuve. Ils ont été réalisés au fusain en 1877 par l’artiste Louis Genest et portent les numéros d’inventaire 1957.16 et 1957. 17

Collection du Musée national des beaux-arts du Québec

Titre : Ovide Gauthier 

Artiste : Louis Genest, 1877. 

Collection du Musée national des beaux-arts du Québec

Titre : Madame Ovide Gauthier, née Célina Villeneuve 

Artiste : Louis Genest, 1877

Ovide Gauthier, fils d’Eusèbe Gauthier et Édith Perron, est né le 25 octobre 1845 à Baie-Saint-Paul. Il est un descendant de Jean Gautier dit Larouche, le premier de la lignée en Nouvelle-France, arrivé à Québec où il a passé toute sa vie. À la deuxième génération, son fils Claude Gautier dit Larouche s’est établi à Petite-Rivière-Saint-François, devenant le premier d’une abondante lignée de Gauthier-Larouche dans Charlevoix.

Mais revenons à Ovide. De ce dernier, j’ai déjà parlé abondamment pour raconter comment il est revenu à Québec avec son frère Joseph (à pied par les caps et non en goélette…) pour s’y établir, s’instruire, travailler et fonder la compagnie Gauthier et Frère qui a prospéré dans Saint-Roch. Je vous réfère aux articles de L’Écho des Gauthier qui détaillent l’histoire des deux frères. À leur compagnie, on doit notamment des vitraux majestueux qui ornent l’édifice de l’Assemblée nationale à Québec et la décoration de nombreuses églises. 

Ovide, plus particulièrement, s’est distingué par son âme d’artiste. Vers les années 1890, il a effectué un long séjour en Europe pour étudier les différentes variétés de marbre qu’on importait de France et surtout d’Italie. Cela à une époque de forte reconstruction après les nombreux incendies qui ont affecté la ville de Québec au XIXe siècle. Certains curés rêvaient de marbre dans leur église, mais n’avaient pas les moyens de se payer leurs rêves. D’où l’idée de développer l’imitation de marbre. Ovide est d’abord parti pour Paris où il a séjourné six semaines, s’exerçant à faire des esquisses des marbres qui lui plaisaient davantage. Ensuite il se rendit en Italie, de Milan à Venise, en passant par Carrare, puis à Florence et à Rome. Sur le chemin du retour, en passant par Gênes, il mit quatre mois pour monter vers Paris, ponctuant sa route de plusieurs arrêts dans la vallée du Rhône, la Bourgogne et la Haute-Loire, puis à Orléans et à Chartres (pour ses vitraux). Il s’embarqua au Havre avec une véritable cargaison de croquis et esquisses colorées regroupés dans de grands cahiers de papier fort. Lorsqu’il débarqua à Québec, il avait été absent deux ans. C’est grâce à ses recherches qu’il a pu réaliser les colonnes imitant le marbre et les plaques mu-

rales de la chapelle extérieure du Séminaire de Québec, aujourd’hui intégrée au Musée de l’Amérique francophone. Il est décédé à Québec le 20 avril 1913 et repose au cimetière Saint-Charles en compagnie de son épouse, de ses enfants et d’autres membres de sa famille.

Ovide Gauthier a épousé Célina Villeneuve le 21 novembre 1871 en l’église Saint-Roch, à Québec. Celle-ci est dite fille adoptive de Léandre Villeneuve et de Marguerite Lecomte et serait née en 1849. Elle est décédée le 16 juin 1921 et est enterrée au cimetière Saint-Charles. Ovide et Célina ont eu sept enfants, dont mon grand-père Louis-Ovide Gauthier, médecin à Québec durant la grippe espagnole.

Quant à l’artiste Louis Genest, on sait peu de choses sur lui. Il est né au Québec en 1852 ou 1853 et est décédé en 1995 à Détroit (Michigan) où il travailla à compter de 1886. Au recensement de 1871, on le décrivait comme « apprenti doreur » et il habitait le quartier Saint-Roch ; il s’y trouvait encore au recensement de 1881. Il s’annonçait comme artiste, peintre, décorateur et logeait sur la rue Saint-Joseph, à proximité de l’atelier de Gauthier et Frère. Louis Genest semblait donc offrir le même genre de services que Gauthier et Frère : ceux-ci se présentaient comme peintres, vitriers, doreurs, décorateurs. Comme Ovide Gauthier, Louis Genest proposait aussi des imitations de bois et de marbre. Il ajoutait en plus à son offre des portraits d’après des photographies ou d’après nature. Comme on sait qu’Ovide, avec son tempérament artistique, aimait entretenir des liens avec plusieurs artistes de la région de Québec, on peut supposer que les deux se connaissaient. Ainsi, Ovide aurait pu aisément commander à Louis Genest un portrait de lui-même et de son épouse Célina en 1877. 

 Louise Gauthier, « Chroniques des Gauthier dits Larouche », L’Écho des Gauthier, vol. 19, no 2, déc. 2013, p. 12-14 ; et « La compagnie Gauthier et frère de la lignée Gauthier dit Larouche (011) », L’Écho des Gauthier, [vol. 20, no 1], mai 2014, p. 5-7.

  Source : Charles-Auguste Gauthier, Résumé généalogique de la lignée Gauthier-Larouche, (écrit entre 1974-1976), édité à Québec par Louise Gauthier, 2011, p.112-114.

 Louise Gauthier, « Le docteur Louis-Ovide Gauthier au temps de la grippe espagnole », L’Écho des Gauthier, vol. 26, no 1, print.-été 2020, p. 3-5.