Nicole Cardinal (700)

Nicole Cardinal est une descendante de Pierre Gauthier, farinier de Deschambault. Sa mère Blanche Gauthier, était la fille de Théodore Gauthier, fils de Louis du 5e rang (Saint-Gilbert), et Délice Gauthier, fille de Victor du 2e rang de Deschambault.
A la 29e assemblée annuelle Madame Nicole Cardinal nous a présenté le résultat de plusieurs années de recherches sur ses ancêtres. Dont le premier arrivant de la souche # 22 des Gauthier d’Amérique :
Pierre Gauthier
En 1720, un jeune homme au début de la vingtaine quitte son village natal du Poiré-sur-Vie, situé dans l’ancienne province française du Poitou et marche jusqu’au port La Rochelle; une distance de près de 100 km. Il est le fils d’un farinier. Le 9 avril de cette année, le jeune homme signe un contrat d’engagement pour la Nouvelle-France qui l’amènera sur les bords du fleuve Saint-Laurent. Pierre Gauthier, d’abord farinier, puis cultivateur, deviendra un pionnier de Deschambault.
Son livre s’intitule :
Pierre Gauthier pionnier de Deschambault
Nicole Cardinal est une descendante de Pierre Gauthier, farinier de Deschambault. Sa mère Blanche Gauthier, était la fille de Théodore Gauthier, fils de Louis du 5e rang (Saint-Gilbert), et Délice Gauthier, fille de Victor du 2e rang de Deschambault.

Article de Nicole Cardinal

Article Écho des Gauthier volume 25 no 2

Il y aura bientôt 300 ans, Pierre Gauthier, farinier, âgé de 20 ans ou environ, quitte son village natal du Poiré-sur-Vie et signe à La Rochelle un contrat d’une durée de trois ans auprès de Fleury d’Eschambault, le 9 avril 1720. Dans ce contrat, notre ancêtre s’engage à venir travailler au moulin à farine de sa seigneurie de Deschambault, au service de Joseph Fleury de la Gorgendière. Le moulin à vent qu’il allait faire tourner était construit à proximité du manoir seigneurial, près du fleuve Saint-Laurent.

Carte de Gédéon de Catalogne, 1709 (détail)

Si les deux tiers des engagés venus en Nouvelle-France retournent en France après leur contrat d’engagement, il n’en est pas ainsi pour Pierre Gauthier. Il reste au pays.

Il est d’abord engagé comme farinier par le sieur de la Gorgendière. Il est à l’œuvre au moulin à vent situé dans le Domaine seigneurial, à l’emplacement actuel de la Ferme expérimentale de Deschambault (120, Chemin du Roy).

Son travail de meunier n’est pas de tout repos. Il doit voir à l’entretien du moulin : les sillons qui parcourent les meules et qui permettent l’écrasement des grains doivent être recreusés tous les deux mois. Il doit moudre les grains, hisser les sacs, les vider dans la trémie, recevoir la mouture, inspecter la finesse de la farine, ensacher. Il doit être prêt à travailler tous les jours, car son travail dépend de la force du vent… Il peut attendre plusieurs jours sans que les ailes du moulin ne bougent, mais quand le vent se lève, il lui arrive de travailler sans compter les heures. L’environnement de travail est malsain : la poussière de farine irrite les yeux et les poumons.

Dans les années 1720, quelques centaines d’arpents produisent du blé dans la seigneurie Deschambault, les habitants s’attendent à ce que leurs grains soient transformés en une farine de qualité. Il est permis de penser que le travail exécuté par Pierre Gauthier a été satisfaisant puisqu’avant le terme de son contrat d’engagement, en 1722, le seigneur de La Gorgendière concède à son meunier une terre située sur le Chemin du Roy, ayant front sur le fleuve Saint-Laurent, au sud-ouest du domaine seigneurial.

Et Pierre Gauthier rencontre la jeune Marguerite Arcand… Ils se marient en octobre 1723. Par ce mariage, Pierre se lie à l’une des plus anciennes familles de la seigneurie voisine de La Chevrotière. De l’union de Pierre Gauthier et Marguerite Arcand naissent 11 enfants ; huit enfants survivants à l’âge adulte se marieront et les trois fils – Pierre, Simon et Joseph – porteront le patronyme Gauthier à la génération suivante.

« Il m’aurait plu de faire sa connaissance, mais nos époques n’ont pas coïncidé »…

Nous souhaitons souligner l’arrivée de Pierre Gauthier le farinier à Deschambault il y a 300 ans. Nous avons communiqué avec la mairie du Poiré-sur-vie, une commune située en Vendée, dans l’ouest de la France, en région du pays de la Loire. La mairesse s’est montrée très intéressée à préparer un événement commémoratif à la mémoire de notre ancêtre Pierre Gauthier, un enfant du Poiré. Grâce à la collaboration de l’attaché pour la culture de la commune du Poiré et des membres du conseil d’administration de l’Association Vendée-Québec, des actions sont en cours. Déjà, un historien local fait des recherches en vue de retrouver le moulin qui aurait appartenu au père de Pierre Gauthier, Charles, lui aussi farinier ou meunier. L’apposition d’une plaque commémorative est envisagée et des activités entourant le dévoilement de cette plaque sont en cours d’élaboration ; à titre d’exemple, un organiste de l’Association Vendée-Québec propose de donner un concert de musique québécoise à l’église du Poiré-sur-Vie, accompagné par le chœur local. La commémoration du 300e anniversaire du départ de Pierre Gauthier est prévue au Poiré-sur-Vie à l’automne 2020. 

De ce côté-ci de l’Atlantique, au pays d’accueil de notre ancêtre Pierre Gauthier, nous voulons aussi marquer le 300e anniversaire de l’arrivée du pionnier Pierre Gauthier à Deschambault. Raconter sa vie à partir des informations recueillies dans les actes notariés et dans les registres paroissiaux, mais aussi à partir de l’histoire de la seigneurie où il a vécu. Retrouver le moulin où il produisait la farine pour ses voisins. Est-ce possible ? Nous verrons. Nous rassembler : c’est certain ! Nous préparons un événement qui aura lieu au cours de l’année 2020. À suivre…

N’oublions pas, nous, les Gauthier de la souche 22 : nous sommes tous et toutes, sur le continent américain, le résultat des choix de notre ancêtre Pierre Gauthier. Il n’a peut-être pas laissé à la postérité des exploits flamboyants, mais il a travaillé honnêtement, s’est parfaitement adapté à son nouvel environnement et a prospéré au pays. S’il n’avait pas quitté sa commune du Poiré, s’il était retourné en France après son contrat d’engagement de trois ans, s’il n’avait pas épousé la jeune Marguerite Arcand et s’il n’avait pas eu des enfants en Nouvelle-France, nous ne serions pas ici pour profiter des saisons, pour rire, aimer et… évoquer la mémoire et la descendance de ce brave Pierre Gauthier !